Par Alexander Miller, consultant en politique internationale, pour Eurasia Business News – 8 mai 2022

Les pays du G7 (Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Canada, France, Japon et États-Unis) se sont engagés à réduire leur dépendance énergétique à l’égard de la Russie, notamment en supprimant ou en interdisant progressivement les importations de pétrole russe. C’est ce qu’affirme la déclaration du G7 à la suite de négociations avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

« Nous veillerons à le faire en temps opportun et de manière ordonnée et d’une manière qui donne au monde le temps de sécuriser des approvisionnements alternatifs. Ce faisant, nous travaillerons ensemble et avec nos partenaires pour assurer un approvisionnement énergétique mondial stable et durable et des prix abordables pour les consommateurs, notamment en accélérant la réduction de notre dépendance globale aux combustibles fossiles et notre transition vers une énergie propre conformément à nos objectifs climatiques », indique le communiqué.

Toutefois, la mise en oeuvre de cette mesure pourrait intensifier la dynamique d’inflation aux Etats-Unis et en Europe. La perspective d’un gel des importations de pétrole russe inquiète déjà les citoyens et les entreprises européennes, qui subiront toute hausse des prix résultant de la réduction de l’offre de pétrole sur le marché. La décision de Bruxelles alimentera une forte inflation en Europe. Le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 7,5% en avril 2022, contre 7,4% en mars et 5,9% en février.

Les pays du G7 s’engagent également à prendre des mesures pour interdire ou empêcher d’une autre manière la fourniture de services clés dont dépend la Russie et ses entreprises. « Cela augmentera l’isolement de la Russie dans tous les secteurs de son économie », a déclaré le G7.

En outre, le G7 souhaite continuer à prendre des mesures à l’encontre des banques russes intégrées sur le marché international et d’importance systémique pour le système financier russe. « Nous poursuivrons nos efforts pour combattre les tentatives du régime russe de diffuser sa propagande », a déclaré le G7 dans son communiqué.

Plus tôt aujourd’hui, le 8 mai, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est entretenu avec les dirigeants du G7 quant à la situation du conflit en Ukraine.

Pendant ce temps, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie. Les nouvelles mesures restrictives visent les dirigeants de Gazprombank, Sberbank, ainsi que des chaînes de télévision « Channel One », « Russia 1 » et NTV. Des restrictions de visa sont également introduites contre plus de 2600 Russes et Biélorusses.

La Russie a lancé une opération militaire sur le territoire ukrainien dans la matinée du 24 février, dans le but officiel de « démilitariser l’Ukraine », de renverser le gouvernement ukrainien et de protéger les droits des Russes vivant dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, une région touchée par la guerre depuis 2014. Dans un Dans une allocution télévisée aux citoyens russes, le président Vladimir Poutine a déclaré que les circonstances « exigent de nous une action décisive et immédiate, les républiques populaires du Donbass ont demandé de l’aide ». 

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Le Kremlin continue d’affirmer que les plans de Moscou n’incluent pas l’occupation des territoires ukrainiens. Les objectifs russes seraient  « la démilitarisation et la dénazification » du pays. La Russie reproche au président ukrainien Volodymyr Zelensky de ne pas lutter contre l’influence politique des nationalistes ukrainiens et de leurs groupes armés, dont le bataillon Azov. Moscou souhaite également que l’Ukraine revienne à son statut de neutralité, inscrit dans la Constitution ukrainienne jusqu’en 2014, et offre la garantie de ne pas détenir sur son territoire d’armes nucléaires.

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L’Ukraine et ses alliés occidentaux considèrent l’opération militaire russe comme une invasion et ont imposé de fortes sanctions contre les responsables de l’État russe, les banques, les entreprises et les oligarques, pour faire pression sur le gouvernement russe et le conduire à un cessez-le-feu et à un retrait d’Ukraine. Des milliers de civils ont déjà perdu la vie depuis le début du conflit et des milliers d’autres demeurent sans nourriture et sans eau dans les zones de combat. La mise en oeuvre des rares accords de corridors humanitaires pour l’évacuation des civils est demeurée fragile.

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